Papesse de la mode : Anna Wintour, Franca Sozzani et les autres

La papesse de la mode désigne le plus souvent Anna Wintour, à la tête de Vogue aux États-Unis depuis 1988. La presse a aussi donné ce surnom à Franca Sozzani, qui dirigeait Vogue Italia. Aucun des deux n’est un titre officiel : c’est une étiquette de journalistes, accolée à des rédactrices en chef dont le jugement fait et défait des carrières.

Anna Wintour, la papesse de la mode américaine

Anna Wintour prend la direction de Vogue US en 1988. Depuis, son nom est associé à la mode américaine au point que l’expression « papesse de la mode » s’est collée à elle dans la presse.

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Notre article sur le règne d’Anna Wintour chez Vogue détaille la façon dont le magazine pèse sur les carrières des créateurs et sur le calendrier des collections.

Sa silhouette (carré net, lunettes noires au premier rang) est devenue une image à part entière. Le roman « Le Diable s’habille en Prada » et son adaptation au cinéma ont nourri cette image, en prêtant à la rédactrice en chef d’un magazine de mode un pouvoir quasi absolu sur son équipe.

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Sa fonction ne se limite pas au magazine : elle préside aussi le Met Gala, le grand bal annuel du Metropolitan Museum de New York, devenu un rendez-vous où se croisent créateurs, célébrités et mécènes.

Franca Sozzani, la papesse italienne de Vogue Italia

Le surnom n’appartient pas à une seule personne. Aleteia a ainsi qualifié Franca Sozzani de « papesse de la mode » en 2018. Née à Mantoue, diplômée en lettres et en philosophie de l’université de Milan, elle a débuté à Vogue Bambini, le titre consacré à l’enfance, avant de rejoindre Vogue Italia en 1987.

Elle en devient rédactrice en chef en 1988, la même année qu’Anna Wintour à New York. Elle a dirigé le magazine jusqu’à sa mort. Son nom reste attaché à l’identité du magazine.

Rédaction d'un magazine de mode italien avec portants et planches épinglées

Sa marque, c’est l’usage de la mode comme tribune. Elle a fait entrer dans les pages de Vogue Italia des sujets de société : violence faite aux femmes, anorexie, chirurgie esthétique. En 2008, elle a consacré un numéro spécial à la beauté des femmes noires. Son influence tient moins à l’étiquette de papesse qu’à ces prises de position, rares dans un magazine de luxe.

Existe-t-il une papesse de la mode française ?

Vogue Paris et les autres grands magazines français ont eu leurs rédactrices en chef marquantes. Pourtant, aucune source consultée n’applique le surnom de papesse à l’une d’elles. Dans la presse francophone, il reste attaché à Anna Wintour et à Franca Sozzani.

Le surnom ne se décrète pas : il vient de la presse, pas d’un classement. Inventer une « papesse française » reviendrait à fabriquer un titre que personne n’emploie. Les requêtes « papesse de la mode française » renvoient d’ailleurs, dans les faits, vers ces deux mêmes noms.

Pourquoi « papesse » : ce que le surnom dit de leur pouvoir

Le mot renvoie à une autorité qui ne se discute pas. Une rédactrice en chef de Vogue décide des couvertures, donc de qui apparaît et de qui reste dans l’ombre. Son verdict sans appel se lit à son attitude au premier rang des défilés : les créateurs scrutent ce qu’elle garde ou quitte.

Ce pouvoir sert à lancer un créateur ou à installer une tendance. Il touche aussi les plus anciennes maisons de mode, dont chaque collection est jugée à chaque saison par les mêmes regards.

Premier rang d'un défilé de mode vu de dos

Le surnom a aussi une face critique. Parler de papesse, c’est dire qu’une seule personne pèse trop dans un secteur qui emploie des milliers de gens. Les magazines de luxe ont par ailleurs ouvert leurs pages à la culture de la rue, et les codes du streetwear masculin y figurent désormais aux côtés de la haute couture.

Après Anna Wintour, qui pour porter le titre ?

En juin 2025, Anna Wintour a annoncé qu’elle quittait son poste de rédactrice en chef de Vogue US, qu’elle occupait depuis 1988. Le 2 septembre 2025, Condé Nast a nommé Chloe Malle « Head of Editorial Content for American Vogue ».

Anna Wintour ne quitte pas pour autant le groupe : elle reste directrice éditoriale mondiale de Vogue et directrice mondiale du contenu de Condé Nast. Le surnom lui reste donc attaché, même si la direction quotidienne du magazine américain a changé de mains.

Reste une influence qui se déplace en partie vers les réseaux sociaux, où des créateurs de contenu atteignent chaque jour plus de lecteurs qu’un magazine. Aucun nom ne s’impose pour reprendre le titre, et il se peut qu’aucune personne seule ne le porte à l’avenir.